Affaire Joaquim Pueyo : ce que l’on sait des nouvelles accusations

Joaquim Pueyo, ancien maire d’Alençon (Orne) et ancien député, est visé par deux nouvelles accusations d’agression sexuelle sur mineurs, révélées les 6 et 7 septembre 2026 par la cellule investigation de Radio France ; l’ancien élu, qui bénéficie de la présomption d’innocence, conteste fermement, et Frédéric Pommier est le journaliste de France Inter qui, le premier, l’avait mis en cause dans un livre paru en avril.

En bref

  • Deux hommes, Patrick B., 59 ans, et Tony C., 47 ans, accusent Joaquim Pueyo d’attouchements qu’ils auraient subis mineurs, en 1981 et 1994 ; ils ont décidé de porter plainte pour agression sexuelle sur mineur.
  • En avril 2026, le parquet de Caen avait classé la plainte du journaliste Frédéric Pommier, uniquement pour prescription : ni relaxe, ni condamnation.
  • Joaquim Pueyo nie tout agissement pédocriminel ; selon l’AFP, il « conteste ces accusations avec la plus grande fermeté » par la voix de son avocat.
  • Aucune condamnation n’a été prononcée : la présomption d’innocence s’applique pleinement.

Qui est Joaquim Pueyo ? #

Joaquim Pueyo a fait carrière dans l’administration pénitentiaire, où il a dirigé plusieurs établissements, dont la maison d’arrêt de Nanterre (Hauts-de-Seine) de 1992 à 1995. Il s’est ensuite imposé comme une figure politique de l’Orne : maire d’Alençon de 2008 à 2017, élu député de l’Orne en 2012 sous les couleurs socialistes, avant de retrouver la mairie d’Alençon de 2020 à 2026. Il est aujourd’hui conseiller départemental de l’Orne — un mandat local comparable, dans son ancrage de terrain, à celui des élus municipaux dont nous détaillions ailleurs les rôles. Il a indiqué ne pas vouloir démissionner de ce mandat malgré les accusations.

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Le point de départ : le livre de Frédéric Pommier #

Le 15 avril 2026, Frédéric Pommier, journaliste à France Inter, publie « Derrière les arbres » (Flammarion). Il y décrit un viol qu’il dit avoir subi vers l’âge de 7 ou 8 ans, en mettant en cause, sans le nommer, un élu normand. Frédéric Pommier avait déposé plainte dès 2023 pour « viol et agression sexuelle sur mineur ».

En avril 2026, le procureur de la République de Caen, Joël Garrigue, a classé cette plainte sans suite. Son courrier au journaliste, cité par franceinfo, est explicite : « Ce classement sans suite est exclusivement lié à la prescription des faits dont vous avez été victime. » Un point de droit essentiel : un classement pour prescription n’est ni une relaxe ni une condamnation. Il signifie seulement que les faits allégués sont trop anciens pour pouvoir encore être poursuivis pénalement — la justice ne tranche pas la question de leur réalité.

Joaquim Pueyo, de son côté, a engagé une riposte judiciaire : il a porté plainte contre Frédéric Pommier pour « dénonciation calomnieuse », estimant que les indices donnés dans le livre et les interviews le rendaient identifiable malgré l’anonymat apparent. Dans un entretien à Ouest-France, le 21 mai 2026, il affirmait : « Je ne suis pas l’auteur de cette agression. Je n’ai jamais été attiré par les enfants. »

Deux nouveaux témoignages révélés les 6 et 7 septembre #

Cinq mois après la sortie du livre, la cellule investigation de Radio France a recueilli deux nouveaux témoignages, révélés le 6 septembre 2026 puis largement repris, notamment par l’AFP le 7 septembre.

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Patrick B., 59 ans, affirme avoir subi des attouchements au printemps 1981, alors qu’il avait 14 ans. Adolescent placé dans la région d’Alençon, il raconte avoir été pris en stop par un homme qu’il dit avoir reconnu, des années plus tard, comme étant Joaquim Pueyo : « Il m’a imposé des caresses. Je l’ai repoussé plusieurs fois mais il est revenu vers moi durant mon sommeil », rapporte-t-il à Radio France. Il explique aussi pourquoi il n’a pas parlé plus tôt : « J’aurais voulu porter plainte, mais j’ai redouté l’impact sur ma femme. »

Tony C., 47 ans, accuse l’ancien élu d’attouchements à l’été 1994, alors qu’il avait 15 ans, lors d’une visite familiale à la maison d’arrêt de Nanterre, dont Joaquim Pueyo était alors le directeur. Les faits se seraient déroulés dans le logement de fonction du directeur.

Les deux hommes ont décidé de porter plainte pour agression sexuelle sur mineur. À ce stade, aucune suite judiciaire de ces plaintes n’est connue.

« On est trois aujourd’hui à avoir pris la parole. Combien d’autres ? »
— Frédéric Pommier, sur franceinfo, le 6 septembre 2026

La réponse de Joaquim Pueyo : une contestation ferme #

La défense de l’ancien maire est sans ambiguïté. Selon l’AFP, Joaquim Pueyo « conteste ces accusations avec la plus grande fermeté ». Son avocat, Me Jérémy Kalfon, indique n’accorder « aucune valeur » aux nouveaux témoignages et déclare, auprès de la cellule investigation de Radio France : « La justice se rend dans des palais et non dans les médias. » Joaquim Pueyo nie tout agissement pédocriminel et rappelle, par la voix de son conseil, qu’il répondra aux sollicitations des autorités compétentes si elles souhaitent l’entendre.

Et concrètement, que va-t-il se passer ? #

Les plaintes annoncées par Patrick B. et Tony C. devront d’abord être examinées par le parquet, qui vérifiera notamment la question de la prescription — le délai au-delà duquel des faits ne peuvent plus être poursuivis. Pour des agressions sexuelles sur mineur remontant à 1981 et 1994, ce délai est un obstacle majeur, comme l’a déjà montré le classement de la plainte de Frédéric Pommier.

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Trois issues sont possibles : un classement sans suite (par exemple pour prescription), une enquête préliminaire si le parquet estime devoir vérifier les faits, ou — hypothèse distincte — des développements dans la procédure en « dénonciation calomnieuse » engagée par Joaquim Pueyo contre Frédéric Pommier. Dans tous les cas, seule une décision de justice pourra trancher : jusque-là, l’ancien élu reste présumé innocent. Pour comprendre comment se défendent concrètement mis en cause et plaignants dans ce type de dossier, notre article sur le rôle de l’avocat pénaliste et vos recours détaille les étapes d’une procédure pénale.

Questions fréquentes #

Joaquim Pueyo a-t-il été condamné ?

Non. Aucune condamnation n’a été prononcée. La plainte de Frédéric Pommier a été classée en avril 2026 uniquement pour prescription, et les nouvelles plaintes annoncées n’ont, à ce jour, débouché sur aucune décision judiciaire connue. La présomption d’innocence s’applique.

Que signifie un classement pour prescription ?

Cela signifie que les faits allégués sont trop anciens pour être poursuivis pénalement. La justice ne se prononce pas sur la réalité des accusations : elle constate seulement que les délais légaux de poursuite sont dépassés. Ce n’est donc ni une relaxe ni une condamnation.

Qui est Frédéric Pommier ?

Frédéric Pommier est journaliste à France Inter. Le 15 avril 2026, il a publié « Derrière les arbres » (Flammarion), récit d’un viol qu’il dit avoir subi enfant, mettant en cause sans le nommer un élu normand. Sa plainte, déposée en 2023, a été classée pour prescription en avril 2026.

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À retenir #

Trois hommes — Frédéric Pommier, Patrick B. et Tony C. — accusent aujourd’hui publiquement Joaquim Pueyo de violences sexuelles qu’ils disent avoir subies mineurs, entre 1981 et 1994. La seule décision de justice rendue à ce jour est un classement pour prescription, qui ne dit rien de la réalité des faits. L’ancien maire d’Alençon nie catégoriquement, a porté plainte pour dénonciation calomnieuse et demeure présumé innocent. Les suites dépendront désormais du traitement judiciaire des plaintes annoncées.

Sources : enquête de la cellule investigation de Radio France, franceinfo, 6 septembre 2026 ; entretien de Frédéric Pommier, franceinfo, 6 septembre 2026 ; France 3 Normandie, 7 septembre 2026 ; dépêche AFP du 7 septembre 2026.

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